May 13, 2012

Séisme politique en Grèce : les enseignements pour la France

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 “Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”

La Grèce a connu dimanche 6 mai un véritable séisme lors des élections législatives qui ont explosé les deux partis favorables à l’Union européenne et soutenant la politique d’austérité. Traditionnellement, le Pasok socialiste et le parti conservateur Nouvelle Démocratie dominent totalement la vie politique grecque. Ces partis fonctionnent sur le mode du clientélisme, fidélisant de génération en génération des obligés à qui ils procurent des avantages divers, dont des emplois. C’était particulièrement le cas du Pasok qui avait su s’attacher des fidélités d’intérêt, y compris chez des électeurs nationalistes. Les deux partis du système viennent de s’effondrer, perdant plus de la moitié de leurs électeurs. La Nouvelle Démocratie obtient 18,87 % des suffrages (108 députés) et le Parti socialiste implose à 13,19 % (41 députés), rendant quasi impossible la constitution d’un gouvernement stable. L’extrême gauche radicale, le parti Syriza, l’équivalent du parti de Mélenchon, est le grand vainqueur de ces élections avec 16,77 % des voix et 52 députés. Précisons que cette extrêmegauche stalinienne est bien plus virulente que celle qui sévit en France. C’est dire... Un nouveau parti de dissidents de droite, leparti des Grecs indépendants, a obtenu près de 11 % des voix et 33 députés. Mais le vainqueur, à droite, qui suscite l’émoi, est le parti Chryssi Avghi (Aube dorée), présenté comme néo-nazi, qui obtient 7 % des suffrages et 21 députés. « Notre idéologie vient de notre passé glorieux, qui va de l’Antiquité à la Byzance grecque, au général Metaxas », déclare un de ses dirigeants, se référant aussi au régime des colonels qui avait gouverné le pays de 1967 à 1974. Le dictateur Metaxas avait dirigé la Grèce de 1936 à 1941 et s’était opposé à son invasion par l’Italie fasciste. La mémoire de Georges Papadopoulos, principal figure du régime des colonels, est souvent acclamée dans les meetings par la foule qui cande :« Sang, honneur,aube dorée ! » Dans un des journaux du parti, on voit la photo de Papadopoulos, juste en-dessous d’un portrait d’Adolf Hitler... Le fondateur du parti, Nikos Michaloliakos s’était, quant à lui, fait remarquer par un salut nazi au conseil municipal d’Athènes, où il avait été élu en novembre 2010.
Le programme du parti est simple : « La Grèce aux Grecs » et il n’accepte que des militants de race blanche dans ses rangs. Il prône la nationalisation des banques ayant reçu une aide de l’Etat, le réexamen de la dette, l’arrestation immédiate et l’expulsion de tous les immigrés illégaux, la surveillance des frontières par les forces spéciales et la mise en place de mines antipersonnel. « L’heure de la peur a sonné pour les traîtres à la patrie», a menacé, dimanche, le dirigeant du parti, Chryssi Avghi Mihaloliakos, surnommé le “Führer” par la presse grecque, qui a affirmé que son groupe allait lutter contre les « usuriers mondiaux » et « l’esclavage » imposé selon lui au pays par l’Union européenne et le Fonds monétaire international.
Le parti nationaliste LAOS, qui avait des députés (plus de 7 % des suffrages aux élections précédentes) s’est quant à lui effondré sous la barre des 3 % (2,9), l’empêchant d’être présent au Parlement. Il est vrai que ce parti, pourtant dirigé par des hommes de grande valeur, tel Makis Voridis qui est un ami de Carl Lang et qui était présent le 8 novembre 2009 lors du 1er Congrès du Parti de la France, avait commis une erreur suicidaire, qui doit faire réfléchir les nationalistes français. Le parti avait accepté d’intégrer la coalition gouvernementale, aux côtés des socialistes et des conservateurs. Ces quelques ministères se payent aujourd’hui cash dans les urnes. La tentation de participer au pouvoir, de jouir de ses prébendes est évidemment forte quand l’occasion se présente. Il est toujours tentant d’accepter. Sortir du ghetto, être estimé à défaut d’être aimé, mais estimé tout de même. Lire une presse qui devient complaisante si ce n’est sympathique. Fréquenter à la buvette de l’Assemblée des collègues qui vous expliquent que beaucoup de propos que vous tenez sont finalement frappés au coin du bon sens. Rejoindre le Système... Mais attention, on ne trahit pas ! Oh non ! On adapte un peu ses convictions. On dénonce, ça ne mange pas de pain, les extrémistes inconséquents. Bref, on en vient, petit à petit, sans même s’en rendre compte, en toute bonne foi, avec la conviction de ne pas avoir changé, à collaborer. On se trouve de multiples bonnes raisons de le faire, la première étant bien sûr l’intérêt supérieur de la Patrie.
Et puis, et puis, on se laisse entraîner par cette douce euphorie que procure le sentiment de participer au pouvoir. Vous êtes reçus dans des milieux qui, auparavant vous fermaient les portes. Vu le talent qu’on veut bien vous reconnaître, et Dieu sait combien il est difficile de résister à la flatterie, on vous fait miroiter des perspectives idylliques. Car ils savent y faire... La pire des erreurs est de les prendre pour des imbéciles. Le problème, c’est que cela ne marche jamais. Tous les mouvements nationalistes qui se sont laissé tenter par une collaboration avec le Système se sont effondrés. Le FPO autrichien de Haider mit plusieurs années à se remettre de sa participation au gouvernement. On a vu ce qu’est devenu ce pauvre Fini en Italie. On pourrait multiplier les exemples. Et en France ? Nous devons choisir entre participer au Système en considérant que la “Droite” vaut mieux que la “Gauche”, ou refuser radicalement ce système mondialiste à tuer les peuples et les identités et rejeter toute tentation de collaboration. Avons-nous vocation à être les supplétifs de ce système ? A RIVAROL, nous avons choisi. […]

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